L’anxiété et l’angoisse sont souvent confondues, mais elles diffèrent sur plusieurs points. L’anxiété est une émotion déclenchée par un facteur extérieur et liée à l’anticipation d’un événement futur. Elle se traduit par des inquiétudes ou des ruminations concernant le travail, la santé, la famille, l’argent ou d’autres préoccupations du quotidien. Ce sont ces pensées négatives et craintives qui traversent l’esprit lorsqu’un futur événement aux conséquences incertaines se présente.
L’angoisse, en revanche, se manifeste par des crises de panique aiguës. Ces épisodes peuvent survenir à tout moment, souvent sans déclencheur identifiable, et provoquent une peur intense accompagnée de symptômes physiques marqués.
Symptômes d'une crise d'angoisse
Une crise d’angoisse est un épisode imprévisible de peur intense qui déclenche de nombreux symptômes physiques et psychiques. Parmi les plus fréquents :
- Essoufflement et respiration rapide
- Accélération du rythme cardiaque
- Sensation d’évanouissement ou de vertige
- Douleurs thoraciques
- Tremblements
- Nausées et malaise digestif
- Sudation excessive
- Picotements dans les doigts
Certains individus présentent davantage de symptômes physiques, d’autres davantage de manifestations psychiques. Les crises peuvent également être liées à un événement traumatisant antérieur, le cerveau ayant tendance à favoriser les souvenirs chargés émotionnellement. La première crise peut être très déstabilisante, amenant la personne à craindre qu’il s’agisse d’un problème cardiaque ou respiratoire. Cette peur d’une nouvelle crise peut alors provoquer de l’anxiété anticipatoire.
Angoisse : que se passe-t-il dans le cerveau ?
Lorsque le stress survient, l’amygdale — la zone du cerveau impliquée dans les émotions — envoie un signal à l’hypothalamus. Ce dernier active le système nerveux autonome, stimulant les glandes surrénales pour produire de l’adrénaline. Résultat : rythme cardiaque accéléré, respiration plus rapide et augmentation de l’oxygène dans les muscles, préparant le corps à la réaction de « combat ou fuite ».
Des recherches en neurosciences ont également étudié le lien entre incertitude et anxiété. Le Dr Monosov, de l’Université de Washington, a mené des expériences sur des macaques rhésus pour reproduire des situations d’incertitude. Les animaux devaient associer trois formes géométriques à trois conséquences différentes :
- Une forme suivie une fois sur deux par un jet d’air désagréable dans l’œil (incertitude)
- Une forme toujours suivie par le jet d’air (certitude négative)
- Une forme jamais suivie par le jet d’air (certitude positive)
Il a été observé qu’une population spécifique de neurones dans le cortex cingulaire antérieur s’activait uniquement lors de la présentation de la forme incertaine. Pour les deux autres formes, les neurones restaient silencieux. Cette découverte montre que certaines zones cérébrales réagissent spécifiquement à l’incertitude, contribuant ainsi à la manifestation de l’angoisse.


