Les spécificités du langage chez les enfants atteints de TSA
Le langage chez les enfants autistes peut se développer de manière atypique :
- Retard ou absence de langage oral
- Utilisation de mots de façon peu fonctionnelle ou répétitive (écholalie)
- Régressions du langage après un développement apparemment normal
- Difficultés à comprendre le langage dans son contexte, interprétation littérale des phrases
Ces particularités rendent la communication verbale parfois difficile, autant pour l’enfant que pour son entourage. Pourtant, ces enfants possèdent souvent des formes d’intelligence et de perception différentes, qui méritent d’être reconnues et valorisées.
Signes précoces d’un trouble de la communication
Certains signaux peuvent alerter dès les premiers mois de vie :
- Absence de babillage ou de réaction à la voix
- Manque d’intérêt pour les visages
- Absence de gestes comme pointer ou tendre les bras
Entre 1 et 2 ans : manque de mots, de regards partagés ou de gestes symboliques.
Vers 2-3 ans : absence de phrases simples, faible compréhension du langage, comportement social peu adapté.
Un diagnostic précoce permet de mettre en place des outils de communication adaptés. Les centres ressources autisme (CRA) et les professionnels formés peuvent accompagner les familles dans cette démarche.
L’importance de la communication non verbale
Une grande partie de la communication humaine repose sur :
- Le regard
- Les expressions faciales
- Les gestes et la posture
- La distance interpersonnelle
- L’intonation de la voix
Chez les enfants autistes, ces dimensions sont souvent perturbées : évitement du regard, prosodie monotone ou exagérée, difficultés à interpréter les mimiques faciales. Ces différences ne traduisent pas un désintérêt, mais un mode d’interaction particulier. L’intégration de supports visuels ou gestuels améliore significativement la qualité des échanges.
Étapes critiques du développement de la communication
Le développement suit des jalons sensibles :
- Avant 1 an : babillage, vocalisations dirigées, échanges de regards et sourires
- 1,5 an : premiers mots et gestes symboliques
- 2 ans : association de deux mots, expression de besoins simples, participation aux routines sociales
Chez les enfants TSA, ces jalons peuvent être absents, retardés ou régressifs. L’intervention précoce est essentielle pour soutenir le langage et les interactions sociales.
Adapter sa manière de communiquer
Pour mieux communiquer avec une personne autiste :
- Utiliser un langage simple, direct, explicite
- Accompagner la parole de gestes ou de supports visuels
- Respecter le temps de réponse
- Tenir compte des particularités sensorielles : sensibilité au bruit, lumière ou contact
Un environnement prévisible et structuré facilite les interactions.
Outils de communication améliorée et alternative (CAA)
Lorsque le langage verbal est limité, des moyens alternatifs peuvent être proposés :
- PECS (Picture Exchange Communication System)
- Outils numériques et tablettes interactives
- Méthodes gestuelles : Makaton, Langue des Signes Française (LSF)
Les interventions comportementales comme l’ABA renforcent la communication via le renforcement positif. Le travail avec orthophonistes ou psychomotriciens contribue également au développement langagier et social. La communication chez les personnes autistes repose sur des mécanismes différents, verbaux ou non verbaux. Mieux comprendre ces particularités permet d’améliorer les interactions, d’accompagner le développement et de favoriser l’inclusion.


