Psychopédagogie : accompagner les enfants vers un apprentissage personnalisé
La psychopédagogie s'est développée initialement au sein des Centres Médico-Psycho-Pédagogiques (C.M.P.P.), qui proposaient de l'aide aux enfants ayant des difficultés d'apprentissage, de comportement ou des problèmes psychologiques.
Le psychopédagogue est un professionnel qui travaille avec les enfants et les adolescents qui apprennent différemment. Il analyse les difficultés d'apprentissage et propose des réponses en développant des approches globales des difficultés de l'enfant. Les psychopédagogues adaptent leur travail en fonction de la spécificité de chacun.
Leurs objectifs principaux sont de prendre en charge les différences au niveau scolaire, de tenir compte des difficultés, des parasites comportementaux qui ralentissent l'apprentissage. De plus, ils tentent de faire émerger le désir d'apprendre, de permettre aux enfants de se sentir bien en classe et d'accéder au plaisir de lire, d'écrire, de calculer et de penser.
Le fonctionnement est assez simple : le psychopédagogue s'intéresse au vécu de l'enfant et travaille avec lui en fonction de ses intérêts, par des médiations. L'objectif reste la bienveillance de l'adulte et la mise en confiance de l'enfant.
La réconciliation avec l'apprentissage
Il existe une nécessité de prise en compte de l'individualité de chaque enfant. La psychopédagogie ne se positionne pas comme une pratique monolithique dont le déroulement serait connu à l'avance. Elle doit s'adapter à l'enfant que l'on rencontre ainsi qu'à la façon dont chacun se situe par rapport à la matière scolaire dans laquelle il est en difficulté. Différentes modalités d'échange peuvent être proposées à l'enfant ou à l'adolescent. Une prise en charge peut faire intervenir différents types d'activités. Suivant sa dynamique propre, la rencontre entre l'enfant ou l'adolescent et le psychopédagogue peut être l'occasion de reprendre certains aspects des apprentissages particuliers. Cela intervient au détour d'une collaboration, d'une élaboration psychique conjointe où un interlocuteur est là pour recevoir les questions adressées et les faire rebondir de manière à ce que le sujet puisse les élaborer à sa façon.
Les premières investigations sur la discipline qu'est la psychopédagogie datent des années quarante, avec la création du premier CMPP, le centre Claude Bernard, fondé sur l'idée d'allier la psychanalyse et la pédagogie. L'idée principale était de réconcilier les enfants et adolescents, au lendemain de la guerre, avec les apprentissages et les études. Les principaux acteurs furent M. Berge et M. Mauco, qui proposèrent que les difficultés d'apprentissage étaient liées à un symptôme d'inadaptation.
La première étape à affronter est de trouver pour l'enfant ou l'adolescent un intérêt à travers la richesse du support médiatique ; cela leur permet de donner du sens et une forme. Le jeu, les images et les histoires vont alors devenir des alliés de choix. La seconde étape est celle de la réconciliation avec le monde interne de l'enfant ou de l'adolescent.
Exemple avec la compréhension d'un texte
Chez les adolescents, il est souvent fréquent de remarquer un manque de « pensée » ; ils ont des difficultés à tirer du sens d'un texte, d'un récit ou d'une histoire. Une méthode assez simple à mettre en place consiste à créer des récits ou à utiliser des récits existants capables d'attirer leur attention afin de leur permettre d'accéder à la pensée et au raisonnement ; il s'agit là d'un nourrissage culturel. Des thèmes reviennent de façon récurrente dans les récits, comme par exemple les origines, les conflits entre générations, l'organisation du groupe social, l'amour, la mort ou la séparation. L'esprit humain a besoin de réponses aux questions de la vie. Il est également important de motiver ces jeunes adultes à apprendre à argumenter face à un sujet. Dans un groupe, apprendre à argumenter est une étape de construction collective qui joue un rôle primordial dans la dynamique du groupe ; ainsi, chacun peut s'exprimer, renouer avec le fil s'il a perdu sa concentration pendant la lecture du récit et retrouver son appartenance à un ensemble de personnes.
Une autre manière de favoriser la pensée peut être le jeu, le dessin ou le mime, qui peuvent être d'un grand secours pour ceux qui parlent peu, comme les personnes avec TSA ou syndrome d'Asperger. Il s'agit d'un outil qui les aide à prendre place dans l'échange.
Le cas de la dyslexie
Un enfant dyslexique peut confondre les lettres ; il a aussi souvent un souvenir laborieux des années de cours préparatoire. La lecture, même si elle est acquise, reste hésitante, avec des substitutions de phonèmes, des fautes d'usage et d'accords ; des lettres sont déplacées, omises ou ajoutées. En général, les enfants n'aiment pas lire.
Avec la lecture chez les enfants dyslexiques, il faut éviter de l'aborder de façon frontale et préférer orienter les interventions autour des aptitudes vis-à-vis de l'écrit, avec l'idée de modifier les a priori négatifs dans ce domaine. On peut utiliser des jeux concrets ou des exercices. Jouer à faire consciemment ce qu'ils font habituellement va créer un déséquilibre profitable, puisqu'ils se détendent et que leurs erreurs se raréfient. Les enfants peuvent ainsi commencer à apprécier, par exemple, les exercices phonologiques présentés sous forme de jeux, et même à les réclamer pour le plaisir et la satisfaction de se surprendre à maîtriser les sons.
La psychomotricité
La psychopédagogie utilisant la psychomotricité s'adresse aux enfants qui sont facilement repérables par leur manque d'autonomie. Ils ne savent pas jouer seuls et ne savent pas réaliser un travail scolaire seuls. Pendant les séances, les enfants font sans cesse appel au psychopédagogue afin que le travail soit fait avec eux. Une médiation peut être mise en place pour offrir des supports de figuration, c'est-à-dire des jeux libres impliquant des mouvements. Le plaisir du jeu est un moteur de la séance, ouvrant la possibilité d'un espace de représentation.


