Quels sont les traitements et thérapies pour la prise en charge de l’autisme ?
Interventions comportementales
Ces interventions (essentiellement la méthode ABA) s’appuient sur les principes de base de l’apprentissage. Elles visent à renforcer les comportements utiles et à réduire ceux qui posent problème, grâce au renforcement positif, à la répétition et à la décomposition des tâches. Elles sont souvent recommandées dès les premiers signes repérés chez un enfant autiste, dans le cadre d’un accompagnement précoce. Les parents jouent ici un rôle clé, en étant impliqués dans la mise en œuvre et le suivi des stratégies.
Thérapies éducatives et développementales
Ces approches partent du développement typique de l’enfant pour proposer des activités basées sur le jeu, la relation et l’interaction naturelle. Elles sont particulièrement adaptées aux jeunes enfants autistes, notamment ceux présentant une hypersensibilité sensorielle ou un langage peu développé. Elles encouragent les apprentissages dans un cadre ludique et bienveillant, souvent en lien étroit avec les parents.
La méthode TEACCH (Treatment and Education of Autistic and related Communication-handicapped Children) est une thérapie développementale et éducative structurée. Elle repose sur l’aménagement de l’environnement pour favoriser la compréhension, la prévisibilité et l’autonomie. Les outils utilisés incluent :
- Emplois du temps visuels
- Espaces de travail clairement organisés
- Routines compréhensibles et stables
Ces adaptations permettent de réduire l’anxiété et de favoriser une meilleure organisation dans les apprentissages. Cette méthode peut être mise en place dès l’enfance et reste pertinente à tout âge.
Interventions psychosociales et cognitives
Chez les adolescents et adultes autistes, notamment sans déficience intellectuelle, les approches comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), adaptées à l’autisme, ciblent les troubles associés (anxiété, phobies, TOC) et renforcent l’estime de soi, les compétences sociales et l’autonomie (relations, vie professionnelle, sexualité).
Elles incluent un travail spécifique sur :
- La théorie de l’esprit (comprendre intentions et émotions d’autrui)
- La pragmatique de la communication
- Les fonctions exécutives (planification, organisation, inhibition)
- La flexibilité cognitive et la cohérence centrale
- L’identification et la régulation des émotions
Concrètement, cela passe par de la psychoéducation, des entraînements aux habiletés sociales, des jeux de rôle et scénarios sociaux, de la remédiation cognitive, des techniques de gestion sensorielle, et des outils concrets (agenda visuel, check-lists, résolution de problèmes pas-à-pas) pour généraliser les acquis au quotidien.
Psychoéducation
La psychoéducation permet de mieux comprendre le fonctionnement autistique, d’identifier les signes du trouble, et d’apprendre à s’y adapter au quotidien. Elle s’adresse autant à la personne concernée qu’à ses parents ou proches aidants. Elle favorise une meilleure communication, une diminution des tensions et une collaboration constructive avec les professionnels de la santé et de l’éducation.
Interventions intégratives
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), les interventions intégratives associent plusieurs approches – éducatives, comportementales, développementales et médicales – dans un projet personnalisé adapté aux besoins de chaque personne autiste. Elles peuvent combiner des méthodes validées comme l’ABA, le programme Denver, la thérapie d’échange et de développement ou la psychoéducation, en intégrant si nécessaire un suivi médical pour les troubles associés.
Interventions sur la communication
La HAS recommande des interventions ciblées pour développer la communication chez les personnes avec TSA, en s’appuyant sur leurs forces et leurs besoins spécifiques. Elles peuvent inclure :
- Travail sur le langage verbal et non verbal
- Supports visuels et technologies adaptées
- Communication alternative et augmentée (CAA)
L’objectif est d’améliorer la compréhension, l’expression et les interactions sociales, tout en impliquant l’entourage pour généraliser les acquis dans la vie quotidienne.
Médicaments et autisme : un soutien ciblé
Il n’existe pas de traitement permettant de « soigner » le TSA.
Cependant, certains médicaments peuvent être prescrits pour soulager des symptômes ou troubles associés :
- Agitation ou comportements agressifs
- Troubles anxieux ou obsessionnels
- Difficultés d’attention (TDAH associé)
- Troubles du sommeil
Ces traitements s’inscrivent dans un accompagnement global comprenant interventions éducatives, psychoéducation et actions visant à améliorer la communication et les interactions sociales.
Approches complémentaires et interdisciplinaires
- Orthophonistes : langage, communication et interactions sociales
- Ergothérapeutes : autonomie, motricité, intégration sensorielle
- Psychomotriciens : corps, émotions, réduction des comportements répétitifs
- Groupes d’habiletés sociales : apprentissage des codes sociaux et gestion des émotions
Ces approches s’intègrent dans un projet personnalisé d’interventions, en collaboration avec la famille, les structures éducatives et les équipes médicales.
Une prise en charge coordonnée
Un accompagnement efficace repose sur une approche interdisciplinaire : parents, enseignants, éducateurs, psychologues, orthophonistes, médecins… Tous les acteurs travaillent ensemble autour de la personne autiste, quel que soit son âge, pour favoriser son développement, son bien-être et sa participation à la vie sociale.
Un diagnostic posé au bon moment, une lecture attentive des symptômes et une réponse adaptée permettent d’ouvrir la voie à un avenir plus serein pour chaque enfant ou adulte concerné par l’autisme, en France comme ailleurs.


